Quand un revendeur demande une fiche technique, il demande le poids. C'est le réflexe, et c'est une erreur de débutant que les fournisseurs se gardent bien de corriger. Voici pourquoi, et quel chiffre demander à la place.
D'abord, poids net ou poids brut ?
Un fournisseur peut vous donner deux poids pour la même pièce, et l'écart n'est pas anodin. Le poids net est celui du meuble. Le poids brut est celui du colis, emballage compris.
Sur notre gamme, l'écart est remarquablement stable : trois kilos en moyenne, entre deux et demi et trois et demi selon la pièce. Un fauteuil annoncé à 22,5 kilos part à 25, un canapé donné pour 63 en pèse 66 sur le quai.
En pourcentage, l'écart va de cinq à onze pour cent, et il est d'autant plus visible que la pièce est petite. Un fournisseur qui vous donne le net sans le préciser fait paraître son produit plus léger qu'il ne voyage. Demandez toujours lequel des deux on vous donne.
Mais en maritime, ce poids ne sert presque à rien
Le transport maritime ne facture pas au kilo, il facture au plus défavorable entre le poids réel et le volume converti en poids. En groupage, la règle usuelle est qu'un mètre cube compte pour une tonne.
Appliquez-la à un canapé comprimé. Notre canapé trois places occupe 0,33 mètre cube, soit 330 kilos de poids facturable, pour 66 kilos réels. Le fauteuil, 0,14 mètre cube, donne 140 kilos facturables pour 25 réels.
Sur toute la gamme, le volume facturable vaut quatre à six fois le poids réel. Autrement dit : vous payez toujours le volume, jamais le poids. Les trois kilos d'emballage dont nous parlions ne changent rien à votre facture de transport.
Le chiffre à demander, c'est le volume du carton
Demandez les dimensions extérieures du carton et son volume en mètres cubes. C'est ce chiffre qui détermine votre fret, votre nombre de pièces par conteneur et votre plan de rangement.
Pour situer : nos cartons vont de 0,14 mètre cube pour un fauteuil à 0,33 pour un canapé trois places, soit 110 sur 35 sur 35 centimètres d'un côté et 135 sur 45 sur 45 de l'autre.
Un fournisseur qui connaît son métier donne ces trois dimensions sans hésiter. Celui qui doit aller les chercher n'a pas assez expédié pour être un partenaire sûr.
Où le poids compte vraiment
Il compte à la manutention. Vingt-cinq kilos se portent seul, soixante-six ne se portent pas seul. C'est une question de personnel en réserve et de sécurité, pas de coût de transport.
Il compte sur le dernier kilomètre, où beaucoup de transporteurs facturent au poids et non au volume. La règle s'inverse donc entre le conteneur et la camionnette.
Et il compte pour votre plan de gerbage : un rayonnage a une charge admissible, et empiler des cartons de soixante-six kilos n'est pas la même chose qu'empiler des cartons de vingt-cinq.
Les trois chiffres à exiger avant toute commande
Les dimensions extérieures du carton et son volume. C'est le chiffre qui pilote le fret et le nombre de pièces par conteneur.
Le poids brut, en précisant bien qu'il s'agit du brut. C'est celui qui concerne vos équipes et votre livraison finale.
Le nombre de colis par pièce. Beaucoup de modèles d'angle arrivent en deux ou trois cartons, ce qui change le calcul de chargement et le temps de réception.
